
Le premier exemple de jeu d’écriture de l’année sera un exemple poétique. Ne nous emballons pas, il ne s’agit pas (pas encore) d’écrire un sonnet en alexandrins mais seulement un texte en prose. A la manière de Francis Ponge dans Le parti pris des choses, j’ai mis en valeur un objet du quotidien.
J’ai choisi le fromage afin de respecter le thème que je me suis imposé pour tous les exemples de jeux d’écriture, à savoir la réécriture de la fable Le corbeau et le renard de Jean de La Fontaine. Une lecture attentive devrait vous permettre de retrouver cette histoire bien connue.
Le Munster
Tout d’abord, commençons par planter le décor : une croûte, vaguement quadrillée comme une forêt trop bien organisée, une carapace plus molle qu’un sentier détrempé et une couleur rouge-orangée, pâle comme le pelage du renard des steppes.
A la découpe, on traverse la couche extérieure pour aboutir à un intérieur compact en passant par un épisode un peu plus coulant. Les bulles d’air y sont rares.
Si le décor intrigue, que dire de cet étrange fumet qui picote les narines et attire le prédateur ? Le corbeau qui s’emparerait du munster se ferait bien vite démasquer.
Maléfique aux dires de certains mais magnifique pour celui dont elle fait chavirer le cœur, l’odeur du munster est à elle seule un voyage qui emmène de l’étable aux prés d’été.
Ce fromage, collant au toucher pour s’être sérieusement fait laver la tête, gardera en bouche le goût de cet affront. Ainsi, on ne retrouve sur les papilles que peu de la douceur de la crème, trop vite absorbée par l’acidité du fromage blanc. Si au premier abord, on ne voit pas l’oignon caché là-dessous, on reconnaît vite la pointe de sel lancée au moment opportun.
Pour le décrire, il n’est donc point besoin de trois semaines d’affinage ou d’un discours interminable. Quelques mots flatteurs suffisent à résumer cette histoire vieille du VIIème siècle : le munster laisse à certains un arrière goût amer et une addition poivrée qui les font jurer qu’on ne les y reprendra plus. Le flatteur, lui, est comblé.
J’espère que vous aurez apprécié ce poème en prose. Je dois vous avouer que cet exercice d’écriture est jusqu’à présent celui qui m’a demandé le plus de réflexion.
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A la semaine prochaine pour un prochain exercice de style !
Crédit photo : Hopkinsii

Bonjour Rebecca, j’espère que l’année a bien commencé pour toi…
Cette fantaisie autour du thème que tu t’es imposée est délicieuse. Tu maîtrises à souhait ces exercices. J’apprécie. Bonne fin de journée. Bien amicalement.
Jonas
PS. J’écris un roman, je suis en immersion quasi-permanente. J’ai toutefois retenu un conseil d’un de tes articles : savoir prendre du recul en travaillant furtivement autre chose. C’est ce que je m’efforce de faire chaque jour sur mon blog.
Merci Jonas pour tous ces compliments, ça m’encourage
Je te souhaite de bons moments d’écriture… pour ton roman et ton blog. J’apprécie la qualité de tes textes que je lis régulièrement !
à bientôt
bonjour Jonas,
j’ai lu votre dernière nouvelle, histoire dans l’avion, super fin !
Ben , l’autre gars, se suicidera une autre fois ..!
Cela m’en met l’eau à la bouche (quoi que je ne mange quasi pas de fromage ha ha)
Etant actuellement dans un texte féérique, et m’étant lié d’amitié avec mon personnage « méchant », je pense que j’ai déjà trouvé l’objet qui va attirer toute mon attention. Je ferai d’une pierre deux coups : participer à ce 5ème jeu et mieux connaître et approfondir mon petit personnage
Bonne journée Rébecca et à tout bientôt.
Merci pour tes commentaires et visites sur mon blog
Moi, j’adore le fromage
Ecrire ce texte m’a donc donné l’occasion de déguster un bon petit munster… acheté en Alsace, bien entendu !
En tous cas, j’ai hâte de lire ton texte !
A la manière de Ponge, en voilà une bonne idée… Et tu as réussi ton projet! Pour ce qui me concerne, si peu de temps entre visite de mes enfants et petit fils et travaux nécessaires dans la maison et le jardin que… Même plus le temps de passer sur mon propre blog où je re-édite d’anciens textes. Cela reviendra avec l’hiver… j’espère
Merci Viviane pour tes encouragements !
Bon courage pour tes travaux
Ping : Jeu d'écriture 6 : un exercice de style
Bonjour Rebecca
Ton idée de munster m’a donné une idée ….. de cafetière : bizarre non comme association d’idée
Bonne journéee
voici le lien
http://l-echo-des-ecuries.over-blog.com/article-cafetiere-et-parti-pris-97793918.html
Le munster et la cafetière, pourquoi pas ? ! Bien qu’en général je préfère un autre fromage pour accompagner mon café du matin !
Bonjour Rébecca,
Encore une fois, exercice réussi pour toi. Très joli texte.
Un petit essai pour moi, quelques rimes pas très riches, mais ça m’a fait marrer
. Je ne suis pas très poésie, ni en vers, ni en prose, mais j’essaie de m’appliquer un minimum. J’y ai mis un morceau de fromage aussi !
Une autre fable bien connue
Le petit insecte heureux et amoureux ne pensait qu’à une chose, chanter son bonheur
Alors, il chantait à tue-tête, et tout l’été durant, la plaine eu droit à son ardeur
Mais lorsque l’hiver arriva, notre animal se trouva fort affamé, car durant cet été
Il avait oublié de provisionner mouches, moucherons et autres curiosités
Là-dessus, la voilà qui coure chez sa voisine, une petite fourmi besogneuse
Elle espérait pouvoir l’attrister et lui emprunter de quoi calmer sa faim nauséeuse
Mais la voisine, elle s’en tape de l’estomac de l’hémiptère et elle lui dit
« Que faisais-tu l’été dernier à part nous casser les pieds du lundi au samedi »
« Vous n’êtes pas sympa » insista la cigale, « je vous promets de tout vous rembourser »
« Chaque grain, chaque mouche, au centuple je vous le restituerai »
La fourmi n’en a cure. « T’avais qu’à bosser, je suis pas la banque alimentaire »
Et tournant le dos à la chanteuse inconsciente, s’enfila un morceau de gruyère
Une réécriture moderne de cette fable . Et tout cela sans mettre cigale
J’ai adoré « elle s’en tape de l estomac de l’ hémiptère » et l expression » casser les pieds »
Bravo
J’aime bien la chute ! Bravo pour cette nouvelle version de la fable
Merci beaucoup Valentyne et Rébecca, c’est gentil
Un excellent week-end à tout le monde.
ah ah, après être tombé dans la gueule de maitre renard, c’est notre chère dame fourmi qui la remporter…
je parle du fromage, bien sûr
Eh oui ! ce ne sont pas toujours les plus gros ou les plus forts qui gagnent. Monsieur le fabuliste nous l’a assez démontré
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