Jeu d’écriture 5 : un petit tour en poésie


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le munster pour le renard
Le premier exemple de jeu d’écriture de l’année sera un exemple poétique. Ne nous emballons pas, il ne s’agit pas (pas encore) d’écrire un sonnet en alexandrins mais seulement un texte en prose. A la manière de Francis Ponge dans Le parti pris des choses, j’ai mis en valeur un objet du quotidien. 

J’ai choisi le fromage afin de respecter le thème que je me suis imposé pour tous les exemples de jeux d’écriture, à savoir la réécriture de la fable Le corbeau et le renard de Jean de La Fontaine. Une lecture attentive devrait vous permettre de retrouver cette histoire bien connue.


Le Munster

Tout d’abord, commençons par planter le décor : une croûte, vaguement quadrillée comme une forêt trop bien organisée, une carapace plus molle qu’un sentier détrempé et une couleur rouge-orangée, pâle comme le pelage du renard des steppes.
A la découpe, on traverse la couche extérieure pour aboutir à un intérieur compact en passant par un épisode un peu plus coulant. Les bulles d’air y sont rares.

Si le décor intrigue, que dire de cet étrange fumet qui picote les narines et attire le prédateur ? Le corbeau qui s’emparerait du munster se ferait bien vite démasquer.
Maléfique aux dires de certains mais magnifique pour celui dont elle fait chavirer le cœur, l’odeur du munster est à elle seule un voyage qui emmène de l’étable aux prés d’été.

Ce fromage, collant au toucher pour s’être sérieusement fait laver la tête, gardera en bouche le goût de cet affront. Ainsi, on ne retrouve sur les papilles que peu de la douceur de la crème, trop vite absorbée par l’acidité du fromage blanc. Si au premier abord, on ne voit pas l’oignon caché là-dessous, on reconnaît vite la pointe de sel lancée au moment opportun.

Pour le décrire, il n’est donc point besoin de trois semaines d’affinage ou d’un discours interminable. Quelques mots flatteurs suffisent à résumer cette histoire vieille du VIIème siècle : le munster laisse à certains un arrière goût amer et une addition poivrée qui les font jurer qu’on ne les y reprendra plus. Le flatteur, lui, est comblé.

J’espère que vous aurez apprécié ce poème en prose. Je dois vous avouer que cet exercice d’écriture est jusqu’à présent celui qui m’a demandé le plus de réflexion.

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A la semaine prochaine pour un prochain exercice de style !

Crédit photo : Hopkinsii

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