Jeu d’écriture 37 : Tourner autour du pot


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le corbeau et le renard
Le 36ème jeu d’écriture que je vous propose, toujours à partir de la fable Le corbeau et le renard de Jean de La Fontaine s’intitule « Tourner autour du pot ».
Il s’agit de mettre en scène un personnage (objet ou être vivant) sans le nommer mais en semant des indices afin de laisser deviner au lecteur de qui il s’agit.

J’ai ajouté une petite note d’enquête policière car le texte qui m’a inspirée ce jeu d’écriture est Le témoin de Sarah Cohen Scali.

Voici ma proposition :

Promenade en toute innocence…

J’ai rien vu, rien senti, rien entendu.
Non. Rien.
Ou peut-être simplement un cri.
Oui, c’était certainement un cri. D’oiseau. J’étais loin.

Un crime dites-vous ? Non, ça ne pouvait pas être cela.
Ah moins que… maintenant que vous le suggérez, ça ressemblez à un animal blessé. Un coassement moqueur… euh rageur… enfin, c’est pas mes oignons à moi. Je ne faisais que passer par là. En toute innocence.

Si je me rends compte ? De quoi ? De l’ampleur du délit ? J’ai rien vu, je vous dis. Rien entendu. Je me promenais. Il faisait beau voyez-vous ! On a bien le droit de vagabonder dans la forêt, non ?

J’aurais dû aller voir ? Mais pour quoi faire ? Faut pas se mêler des affaires des autres disait maman Renée. Pas trop. Pas tout le temps… Juste… Hum… Je passais donc, profitant avec délice des rayons de soleil qui furetaient dans mon dos, de la tiédeur du jour après…

Si j’étais loin ? Ben, pas tellement. J’ai même peut-être aperçu l’oiseau. Un simple coup d’œil, hein, n’allez pas croire que les volatiles m’intéressent, quoi que… Quand certains bien dodus se dandinent sous mon nez, en caquetant stupidement, alors… Mais bon, je m’égare. Ce matin là, j’étais d’humeur nonchalante. Je flânais entre les arbres, j’observais les jeux de lumières à travers les feuillages, les reflets roux dans les flaques d’eau. Il avait plu la veille, vous le saviez ? Vous vous en moquez ? Bon, très bien. Que j’arrête la poésie et que je me concentre sur le sujet ? Très bien très bien mais il ne faut pas s’énerver hein ! Je digère mal les critiques ! Du calme alors.

Comment était l’oiseau ? Heu, pas vraiment beau. Un peu déplumé. Noir.
Etait-il seul ? Ma foi, oui. Pas d’autres êtres vivants aux alentours. Une simple odeur… ah cette odeur ! J’ai le nez fin moi ! Les moustaches en alerte !
Ce à quoi l’odeur ressemblait ? Eh bien, c’était un mélange de lait cru et de senteurs florales enveloppés d’un zeste de croustillant. Je vous ai perdu ? C’est sans importance après tout. Le goût des bonnes choses se perd plutôt vite au fond de l’estomac.

Est-ce que je suis bien certain de ne pas m’être approché de l’oiseau ? Pourquoi l’aurais-je fais ? C’est à moi de le dire ? Non mais, encore un peu et vous allez m’accuser ! Laissez-moi partir. Je suis innocent !

Bon bon, si vous le prenez comme ça, je reste et je termine ma promenade, euh, mon histoire.
Oui, l’oiseau allait bien. Très bien même.
« Il a l’air tout fier », que je me suis dit en passant – rapidement je le rappelle, un simple coup d’œil –. J’aime pas les oiseaux noirs. Je préfère ceux avec une crête et un corps bien dodu… euh, voilà que je m’égare encore.
Si j’ai des renseignements sur le saccage du poulailler de Maître Fermier le mois dernier ? Vous vous égarez à votre tour. Revenons à l’oiseau noir et au fromage. Ah… je n’avais pas parlé du fromage. Un morceau à rendre fou le plus honnête animal !

Si j’ai succombé ?
Mais pour qui me prenez-vous ? Loin de moi l’idée de commettre le moindre crime ! En toute honnêteté, j’ai même chanté les louanges du volatile. Une histoire de ramage et de plumage pour être exact. Je peux être poète à mes heures… Il ne le méritait pas, croyez-moi mais il faut parfois savoir se montrer magnanime.
En remerciement, il m’a offert le fromage. Juste dédommagement de ma prose, soit dit en passant.

Il se plaint de moi dites-vous ? Oh l’ingrat animal ! J’aurais dû poursuivre mon chemin, ne pas détourner le regard du sentier. Oublier les effluves magiques…
Non, je ne le pouvais.

Si je regrette ? Je n’ai rien à me reprocher vous dis-je ! Je ne suis qu’une pauvre victime. Victime d’un fromage. Victime des machinations d’un emplumé à l’âme noire !

Pas question ? Vous voulez rouvrir l’enquête du poulailler ? Laissez moi partir ! J’ai des responsabilités, moi. Une famille à nourrir. Six renardeaux qui m’attendent au terrier.
Et puis, je suis innocent !

J’espère que vous avez apprécié ce petit jeu.

Les jeux d’écriture sont un excellent moyen de tester de nouvelles choses, de prendre confiance en son écriture et de progresser. Pour aller plus loin, consultez ma méthode : Développez votre style d’écriture.

Crédit photo : Jordan Guertin Desroches

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